Université de Strasbourg

Frédéric Colin

Biographie

Archéologie et histoire ancienne : Méditerranée-Europe (ArcHiMedE)  - UMR 7044, université de Strasbourg & CNRS

Frédéric Colin, USIAS Fellow 2019

Frédéric Colin a obtenu son doctorat en 1996 à l'université libre de Bruxelles et son habilitation à diriger des recherches en 2006 à l'université Marc Bloch (Strasbourg). Il fut successivement aspirant puis chargé de recherches au Fonds de la recherche scientifique (FNRS, Belgique) de 1992 à 1998, membre scientifique étranger de l’Institut français d'archéologie orientale (l'IFAO), au Caire (Égypte) de 1996 à 1998, directeur de la mission archéologique de l'IFAO dans l'oasis de Bahariya (Égypte) de 1997 à 2014, maître de conférences en histoire grecque à l'université de Strasbourg II de 1998 à 2006, membre junior de l'Institut universitaire de France (2002-2007), maître de conférences en égyptologie à l'université de Strasbourg II (2006-2007), professeur d'égyptologie, directeur de l'Institut d'égyptologie et conservateur de la collection égyptienne de l’université de Strasbourg (depuis 2007), directeur de l'UMR 7044 « Archéologie et Histoire ancienne : Méditerranée - Europe (Archimède) » (CNRS, université de Strasbourg,uUniversité de Haute-Alsace, Ministère de la Culture, INRAP) de 2013 à 2017.

Ces dernières années, il a été le porteur de trois projets interdisciplinaires en sciences humaines et sociales / science et technologie. Il mène des recherches en archéologie (fouilles dans l'oasis de Bahariya, au Fayoum et dans la vallée de l’Assassif, études muséologiques sur les collections égyptiennes conservées notamment à Strasbourg), en philologie (édition de textes inédits, en particulier en démotique, mais aussi dans les autres écritures égyptiennes) et en histoire (histoire et institutions de l'Égypte hellénistique et romaine d’après les données de la papyrologie plurilingue, égyptienne et grecque). Il étudie également le Nouvel Empire et la Basse Époque dans le cadre de ses recherches sur le terrain.

Projet - Archéologie numérique dans une nécropole monumentale à Thèbes d’Égypte

01/09/2019 - 31/08/2021

Le projet de l’usias est mené en collaboration avec l’université de Strasbourg (UMR 7044 Archimède) et l’Institut français d’archéologie orientale (Ifao, Le Caire). Il a pour objectif de conduire une étude archéologique dans la zone du temple funéraire de Petamenopé. Ce vaste monument de la Basse Époque pharaonique (VIIIe-VIIe siècle avant notre ère), situé dans l’Assassif en aval de Deir el-Bahari (Thèbes ouest), n’a jamais été étudié dans le cadre de fouilles stratigraphiques. L’équipe comprendra des égyptologues, des archéologues, des géophysiciens, des pédologues, des sédimentologues et des archéomètres. Si des inhumations sont mises au jour, elles seront étudiées conformément aux méthodes actuelles de l’archéoanthropologie afin de reconstituer les actes et les gestes des professionnels de la mort et de détecter leur évolution éventuelle dans une perspective anthropologique. Si des dépôts naturels sont archivés dans la stratigraphie, ils seront exploités pour reconstituer le paléo-environnement et le comparer aux phénomènes climatiques précédemment observés par notre équipe dans l’oasis de Bahariya. D’un point de vue méthodologique, une attention particulière sera accordée à l’étude globale de la vallée funéraire grâce aux concepts de l’archéologie urbaine, en analysant l’évolution et les transformations de ses quartiers à l’image de ceux d’une ville, ce qui invitera à considérer le concept de « nécro-pole » au sens propre de son étymologie. La perspective diachronique visera sûrement à clarifier l’histoire du mausolée de Padiamenopé en lui-même, mais elle poursuivra aussi l’objectif plus général de mieux comprendre le développement de l’ensemble de la nécropole, selon une démarche contextuelle large. En parallèle à ces questions thématiques, le projet aura aussi pour but de développer des protocoles d’enregistrement des artefacts et des structures grâce aux outils et méthodes numériques.

Nous aborderons la fouille non seulement comme une opération produisant les données sur lesquelles se fonde l’interprétation archéologique, mais aussi, de façon novatrice, comme un laboratoire expérimental pour l’innovation méthodologique. Nous utiliserons et développerons les dernières avancées de l’archéologie numérique. Des relevés photogrammétriques et des modèles numériques de la stratigraphie seront construits systématiquement, phase par phase, à mesure que la fouille progressera, afin de relier dans un espace virtuel commun les données issues des études archéologiques, géochimiques et géophysiques, autant pour nourrir la réflexion commune que pour élaborer des documents en deux et en trois dimensions pour la publication. Un protocole coordonnera les exigences des méthodes éprouvées de publication des artefacts égyptiens avec les nouvelles possibilités offertes par la modélisation numérique de volumes complexes. L’art égyptien combine souvent sur un même objet des questions d’édition textuelle et des problèmes d’analyse de l’artefact. Comment considérer simultanément un espace en deux dimensions (le plan du texte) et en trois dimensions (le volume de l’objet) ?

Depuis des attaques terroristes dans le désert égyptien en 2014 et en 2015, l’université de Strasbourg a suspendu pendant deux ans ses projets de fouille en Égypte. Un des résultats concrets du présent projet sera d’établir un nouveau chantier école (dans une zone moins isolée) consacré à l’innovation archéologique sur le terrain. La méthodologie de relevé numérique reposera aussi sur des expérimentations de laboratoire menées à domicile entre deux campagnes de fouille, grâce aux collections universitaires hébergées à Strasbourg depuis le XIXe siècle.

En conclusion, le projet poursuivra une double ambition : 1. faire progresser nos connaissances sur l’histoire de la nécropole thébaine, qui se développa sous l’action intensive des classes dirigeantes depuis au moins le Moyen Empire jusqu’à la Basse Époque et au-delà. 2. Participer activement à la mise en place de nouveaux protocoles de publication résultant de la révolution numérique en cours et encourager la prépublication rapide et en accès libre des données issues de recherches archéologiques in progress.

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