Université de Strasbourg

Hayrullah Karabulut

Fellowship 2015

ARCHIVE

Karabulut

Hayrullah Karabulut est professeur de géophysique à l'Observatoire de Kandilli (KOERI) de l’université du Bosphore (Bogazici University) à Istanbul. Il a obtenu sa licence en géophysique à l'université technique d'Istanbul (ITU), son master à la Colorado School of Mines et son doctorat à l'université du Texas en 1996. Il enseigne plusieurs cours de master et de doctorat dans le domaine du traitement, de la modélisation et de l'inversion des données sismiques à l'université du Bosphore. Il est également impliqué dans plusieurs projets de recherche internationaux. Ses domaines d'intérêt portent principalement sur les réseaux sismiques, le traitement des données sismiques, la tomographie sismique, l’observation des zones de faille, la sismicité et la géodynamique. Ses récents travaux  incluent le suivi de deux réseaux sismiques installés en collaboration avec des établissements français : un réseau sismique temporaire d'échelle régionale installé entre 2007 et 2009 dans la partie occidentale de l'Anatolie et la mer Égée (expérience SIMBAAD avec Anne Paul et Denis Hatzfeld, ISterre, Grenoble), pour réaliser l'imagerie de la structure du manteau supérieur sous le domaine égéen. Ses travaux les plus récents sont liés à l'aléa sismique en mer de Marmara, dans le cadre desquels un système de surveillance sismique en temps réel a été installé  autour du bassin de Cinarcik, en collaboration avec l’IGPS et ISTerre.  Le principal objectif des travaux en mer de Marmara est d'étudier les changements dans la zone de faille avant le grand tremblement de terre attendu. Pour ce faire, les modifications de l’activité sismique et des vitesses sismiques y sont surveillées.

Microsismicité en mer de Marmara : un traceur unique de la déformation de la faille nord-anatolienne

Fellows USIAS : Hayrullah Karabulut et Jean Schmittbuhl
Post-doctorante : Emanuela Matruallo

Ce projet vise à développer un nouveau partenariat entre l'IPGS (UdS/CNRS) et KOERI (Université de Bogazici, Istanbul) afin d’étudier les détails de l'activité sismique au cours de la période 2007-2014 le long de la faille principale de Marmara (MMF), au large d’Istanbul. Il financera l’année sabbatique du Professeur H. Karabulut à l’IPGS et le recrutement d’Emanuela Matrullo pour un post-doctorat de 20 mois. Le projet apportera un nouvel éclairage sur l'évolution sismotectonique récente de cette importante lacune sismique régionale. Il s'appuie sur les localisations fines des tremblements de terre afin d'évaluer leur variabilité latérale sur les 150 km de la faille ainsi qu’en profondeur. Les statistiques de distribution des tremblements de terre (par exemple les distributions de magnitude, les structures en essaim et les variations de taux de sismicité) ainsi que les estimations des glissements sismiques, l’étude des mécanismes aux foyers et le suivi des événements récurrents seront effectués afin de mieux contraindre le comportement mécanique récent de la MMF. L’évolution temporelle des propriétés de la faille sera également examinée à partir de l'interférométrie du bruit sismique ambiant. Tous ces outils sismologiques seront utilisés pour aborder la question centrale encore très ouverte : la faille de Marmara est-elle bloquée ou en fluage ? Le projet tentera également de localiser les essaims sismiques qui pourraient potentiellement être des zones de  nucléation de prochains grands événements. À l'aide de résultats expérimentaux sur la relation entre déformation sismique et aséismique et d’une comparaison étroite avec la faille de San Andreas, nous chercherons à relever le défi de démontrer que cette activité micro-sismique est un outil pertinent pour l’identification d’éventuels glissements asismiques le long de cette faille majeure en décrochement.

France 2030