Alfredo Poves
Fellowship 2015
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Après un master en physique à l’université de Saragosse, Alfredo Poves a obtenu son doctorat à l’université autonome de Madrid (UAM). Il effectue un post-doctorat au Centre de la recherche nucléaire grâce à une bourse Joliot-Curie et devient chargé de recherche CNRS. Il est promu professeur à l’UAM en 1984, où il sera également vice-recteur, doyen du département de physique théorique et directeur de l’institut de physique théorique. Il est président du comité des directeurs de l’ECT (European Centre for Theoretical Studies in Nuclear Physics and Related Areas), conseiller scientifique du ministère de l’éducation et de la science et président de la CNEAI (Commission espagnole pour l’évaluation des chercheurs).
Son champ de recherche est la structure nucléaire théorique. En tant que fondateur de la collaboration Strasbourg-Madrid Shell Model SM*2, ses principaux sujets de recherche sont la spectrométrie de noyaux exotiques, la description microscopique de l’émergence de comportement collectif dans les noyaux et ses conséquences en termes de symétries de l’interaction noyau-noyau, et les aspects de la structure nucléaire des doubles désintégrations béta sans neutron. L’article « The Shell Model as a Unified View of Nuclear Structure » publié dans Reviews of Modern Physics, qui rassemble de nombreuses contributions du SM*2, est devenu un classique dans le domaine. Membre du comité éditorial du Nuclear Physics A and Physical Review C, Alfredo Poves est professeur invité à l’université de Strasbourg, chercheur associé au CERN et chercheur invité au TRIUMF (Vancouver). Il est lauréat du prix GENCO et membre de l’Academia Europaea.
Description microscopique des noyaux exotiques : nouvelles frontières
Les noyaux avec des ratios neutrons-protons extrêmes, proches des lignes d'égouttement de neutrons ou de protons, sont une source continue de nouveaux phénomènes (halos de neutron, disparition des nombres magiques, co-existance de forme, désintégrations béta hyper rapides, etc.) ainsi que d’éléments clés dans notre compréhension de divers scénarios d'astrophysique nucléaire comme les explosions de supernova et les processus nucléo-synthétiques associés. Dans ce projet, l’approche théorique de leur structure sera le modèle en couches nucléaires avec des interactions des configurations dans des espaces de valence étendus (SM-CI). Nous nous proposons de décrire la région de la carte des noyaux au sud du 78Ni pour rechercher une nouvelle île de déformation autour de 74Cr et sa possible fusion avec celle-ci, prédite par nous autour du 64Cr, qui a déjà été vérifiée expérimentalement. De plus, le projet étudiera les noyaux N=Z les plus lourds entre 64Ge et 100Sn, où l’on assiste à de rapides changements de forme et de structure, avec l’aide heuristique du modèle Quasi+Pseudo SU3. Un autre objectif de ce projet de recherche est de poursuivre l’étude de certains aspects de la structure nucléaire utiles à la compréhension des désintégrations double béta sans émission de neutrinos. Une fois trouvée la preuve expérimentale des oscillations des neutrinos (Prix Nobel de physique 2015), ce processus extrêmement rare, si détecté, établira que les neutrinos sont des particules de type Majorana, c'est-à-dire identiques à des antiparticules (ce processus étant l’une des inconnues du modèle standard des particules et interactions élémentaires). Les éléments de matrice nucléaire de celui-ci sont un ingrédient nécessaire pour extraire de la durée de vie expérimentale la masse et la hiérarchie des neutrinos.



