Université de Strasbourg

Odile Petit

Fellowship 2013

ARCHIVE

Odile Petit

Odile Petit est chercheuse au Département d’écologie, physiologie et éthologie de l’IPHC dans l’équipe Éthologie évolutionniste. Elle est spécialiste du comportement animal, et plus particulièrement des primates. Au cours de ses études dans plusieurs universités françaises, elle a été formée aux neurosciences comportementales et à l’éthologie. Pour sa thèse, elle a comparé les comportements d’agression et de conciliation de cinq espèces de primates et a obtenu son doctorat en 1996 avec félicitations. Elle a été recrutée au CNRS en tant que chargée de recherches en 1998, puis a obtenu le grade de directrice de recherche en 2011.

Au cours des dix dernières années, elle a étudié la prise de décision collective chez de nombreuses espèces de primates et est reconnue comme leader dans le domaine. Pour son projet USIAS, elle va transférer son expertise des phénomènes collectifs à l’étude du cheval domestique, qui est un modèle plus adéquat pour explorer de nouvelles questions sur le leadership. Elle collabore avec plusieurs équipes internationales et est chercheur associé à l’université libre de Bruxelles.

Odile Petit Academie Royale Belgique 2015

Elle est également la présidente de la Société française pour l’étude du comportement animal, société savante qui promeut l’éthologie et favorise les échanges scientifiques entre ses membres. En 2012, elle a été nommée Chevalier de l’Ordre national du mérite et a reçu le Prix Sciences de l’Académie rhénane. Enfin, plus récemment, elle a rejoint le comité éditorial du journal scientifique Plos One.

Le 30 mai 2015, Odile Petit a été élue membre associée de la classe des sciences de l'Académie royale de Belgique.

 

Qu'est-ce qui fait un bon leader ? L'origine animale du leadership

Post-doctorante : Mathilde Valenchon

Chaque jour, des personnes prennent des décisions importantes pour la communauté qu’elles représentent. Il a été souvent suggéré que certains individus sont des leaders car ils ont plus d’influence que d’autres, et la façon dont ils pèsent sur les opinions ou les comportements des autres a été largement étudiée en sciences sociales et en sciences politiques. Cependant, étudier et comprendre de quelle manière des espèces animales peuvent parvenir à des décisions optimales pourrait nous permettre de mieux comprendre comment les êtres humains prennent leurs décisions, dans la mesure où il est plus simple d’étudier une société animale qu’une société humaine. Par exemple, dans le cas de la synchronisation des activités (un défi majeur pour toute société), les animaux dépendent de leurs congénères pour atteindre des buts communs et maintenir la cohésion du groupe. Les déplacements collectifs sont ainsi la manifestation la plus spectaculaire des décisions par consensus que nous pouvons trouver dans le règne animal. Par conséquent, ce projet propose d’étudier les déplacements collectifs chez le cheval domestique à l’aide d’une approche observationnelle et expérimentale. Dans ce cadre,  je me propose d’établir les profils des leaders en déterminant dans quelle mesure les individus, leurs caractéristiques et leurs attributs interviennent dans la prise de décision. La principale innovation de cette étude est d’expliquer les raisons du succès d’un leader en séparant les influences sociales des caractéristiques intrinsèques (d’ordre physiologique) des individus. Nous espérons ainsi être à même de prédire quels individus deviendront des leaders dans tout type de société. En effet, si nous voulons comprendre le fonctionnement d’une société et la manière dont une bonne (ou mauvaise) décision peut émerger, il est indispensable d’identifier les individus qui jouent un rôle conséquent dans les décisions collectives. Étudier de quelle façon des décisions consensuelles peuvent être prises par des mammifères nous oblige à réfléchir à l’unicité de la démocratie humaine, à son origine et à la continuité évolutive qui pourrait caractériser les décisions collectives.

France 2030