Jean Schmittbuhl
Fellowship 2015
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Jean Schmittbuhl est directeur de recherche au CNRS à l’EOST (université de Strasbourg/CNRS) depuis 2004. Il a une formation en géologie et géophysique ainsi que l'agrégation de sciences naturelles. Il a préparé son doctorat de physique à l'École normale supérieure de Paris. Après un post-doctorat au département de physique de l’université d’Oslo, il a été recruté au CNRS à l'ENS Paris en 1995, où il a développé des expériences analogiques originales pour des approches multi-échelles afin d’étudier les processus de fracturation, de frottement et d’écoulement de fluide le long des failles. Il a également développé des modélisations numériques connexes pour des comparaisons étroites avec les résultats expérimentaux. En 2004, il rejoint l’IGPS à l'université de Strasbourg. Ses principaux centres d’intérêt sont la sismologie et la physique des roches appliquées à la mécanique des failles et à la modélisation des réservoirs. Plus récemment, il s’est impliqué dans le suivi de l’activité micro-sismique le long de la faille nord-anatolienne et son interprétation en termes d’activité sismique et asismique. Depuis 2012, il est responsable du Labex G-eau-thermie Profonde, dédié à la géothermie profonde en Alsace.
Microsismicité en mer de Marmara : un traceur unique de la déformation de la faille nord-anatolienne
Fellows USIAS : Hayrullah Karabulut et Jean Schmittbuhl
Post-doctorante : Emanuela Matruallo
Ce projet vise à développer un nouveau partenariat entre l'IPGS (UdS/CNRS) et KOERI (Université de Bogazici, Istanbul) afin d’étudier les détails de l'activité sismique au cours de la période 2007-2014 le long de la faille principale de Marmara (MMF), au large d’Istanbul. Il financera l’année sabbatique du Professeur H. Karabulut à l’IPGS et le recrutement d’Emanuela Matrullo pour un post-doctorat de 20 mois. Le projet apportera un nouvel éclairage sur l'évolution sismotectonique récente de cette importante lacune sismique régionale. Il s'appuie sur les localisations fines des tremblements de terre afin d'évaluer leur variabilité latérale sur les 150 km de la faille ainsi qu’en profondeur. Les statistiques de distribution des tremblements de terre (par exemple les distributions de magnitude, les structures en essaim et les variations de taux de sismicité) ainsi que les estimations des glissements sismiques, l’étude des mécanismes aux foyers et le suivi des événements récurrents seront effectués afin de mieux contraindre le comportement mécanique récent de la MMF. L’évolution temporelle des propriétés de la faille sera également examinée à partir de l'interférométrie du bruit sismique ambiant. Tous ces outils sismologiques seront utilisés pour aborder la question centrale encore très ouverte : la faille de Marmara est-elle bloquée ou en fluage ? Le projet tentera également de localiser les essaims sismiques qui pourraient potentiellement être des zones de nucléation de prochains grands événements. À l'aide de résultats expérimentaux sur la relation entre déformation sismique et aséismique et d’une comparaison étroite avec la faille de San Andreas, nous chercherons à relever le défi de démontrer que cette activité micro-sismique est un outil pertinent pour l’identification d’éventuels glissements asismiques le long de cette faille majeure en décrochement.



