Lionel Obadia
Fellowship 2014
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Lionel Obadia, docteur en sociologie, est professeur en anthropologie à l’université de Lyon 2, au Laboratoire de recherche historique Rhône-Alpes (LARHRA). Il est spécialisé en religion, en anthropologie et en sociologie. Après une thèse sur le bouddhisme en France et en Occident, il a étudié le bouddhisme et les religions asiatiques (en particulier le chamanisme et la sorcellerie) en Asie, principalement au Népal. Plus récemment, il a mené des recherches sur le mouvement messianique juif en Europe, aux États-Unis et en Israël, et sur le football dans une perspective religieuse en France. Une partie de son activité scientifique a été consacrée à l’examen épistémologique et méthodologique des questions de sciences religieuses. Il a publié une dizaine de livres, dont La Marchandisation de Dieu, 2013, Anthropologie des religions, 2007, traduit en grec et en portugais, réédité en 2012, La Religion, 2004, traduit en coréen, La Sorcellerie, 2004, Le bouddhisme en Occident, 2007, traduit en italien et d’autres en anglais comme le volume The Economics of Religion édité avec Donald Wood, Emerald, 2011. Il compte plus d’une centaine d’articles dans des revues scientifiques et de chapitres de livres en français, anglais, espagnol, chinois, allemand.
(Re)penser la religion au pluriel : vers une nouvelle anthropologie historique des formes et des dynamiques de la religion
Ce programme propose une révision historiographique et critique des concepts et modèles d’analyse en sciences religieuses, à partir d’une comparaison transhistorique et transculturelle entre la France, l’Europe et d’autres sites d’investigation, où les formes de la religion offrent l’information empirique nécessaire à une réflexion académique rigoureuse. L’examen des formes et des raisons de la diversité des croyances et des pratiques, ainsi que de leurs objets, n’est possible qu’au prix d’une analyse parallèle des variations des significations associées au terme « diversité », des contextes sociaux, historiques, religieux et culturels dans lesquels il s’inscrit et des orientations idéologiques ou des cadres politiques qui lui permettent ou non de se déployer. Sous cet angle, le vocable de diversité apparait alors, par excès ou par défaut, comme un concept clef permettant de rendre intelligible les transformations historiques des religions, des temps antiques jusqu’à la modernité. Par extension, le terme même engendre une révision des modèles contemporains, souvent téléologiques, de la « diversification » des paysages religieux. A partir de l’analyse de formes locales ou régionales des traditions religieuses, et dans une perspective comparative plus large, le programme entreprend également de réviser la localisation et le rôle de la « diversité » dans le façonnage des formes de la religion au cours de l’histoire, et en histoire des religions. Ce qui mène, au final, non seulement à une réévaluation des idées de « divers » et de « diversification » à propos des paysages religieux, mais également à se questionner sur la pertinence d’une théorie de la diversité religieuse moderne et, en dernier ressort, sur l’ontologie même de la catégorie sémantique de la « diversité ».



