Frédéric Barbier
Fellowship 2013
ARCHIVE
Né en 1952, ancien élève de l’École nationale des chartes (promotion 1976). Archiviste paléographe (1976), docteur en histoire (1980, Paris I), docteur d’État ès lettres et sciences humaines (1987, Paris IV). Directeur de la Bibliothèque municipale classée de Valenciennes (1976-1982), attaché (1982), chargé (1985) puis directeur de recherche au CNRS (1992). Directeur d’études à l’École pratique des hautes études (IVe section, Conférence d’histoire et civilisation du livre). Chargé de mission à la Mission historique française de Göttingen (1998-2000), professeur d’histoire du livre à l’École nationale supérieure des sciences de l’information et des bibliothèques (2000-2004).
Docteur honoris causa de l’université de Szeged.
Ouvrages récemment publiés : L’Europe de Gutenberg. Le livre et l’invention de la modernité occidentale (XIIIe-XVIe siècle) (2006) ; La Capitale des livres. Le monde du livre et de la presse à Paris, du Moyen Âge au XXIe siècle (2007) ; Le Rêve grec de Monsieur de Choiseul. Les voyages d’un européen des Lumières (2010) ; Histoire du livre en Occident (2012). Sous presse : Histoire des bibliothèques, du Musée d’Alexandrie aux bibliothèques virtuelles (2013). Rédacteur en chef d’Histoire et civilisation du livre. Revue internationale (Genève).
Ancien élève d’Henri-Jean Martin, et son successeur à l’EPHE, Frédéric Barbier est spécialiste d’histoire du livre et de l’imprimé du XVe au XXe siècle, ainsi que de la problématique des transferts culturels, notamment entre la France, l’Allemagne et les pays d’Europe centrale et orientale.
Consulter la page personnelle du professeur Barbier.
Bibliothèques et transferts culturels : la Bibliothèque nationale universitaire de Strasbourg
Depuis les années 1450, Strasbourg est l’une des capitales historiques du livre et de l’imprimé, et les activités liées à ce domaine s’y sont considérablement développées au fil des siècles. La ville a en outre joué un rôle décisif dans le domaine des transferts culturels entre la France, l’Allemagne et une grande partie de l’Europe continentale jusqu’à l’époque contemporaine.
L’histoire de la principale bibliothèque strasbourgeoise, la BNUS, apporte un éclairage original sur ces phénomènes. Strasbourg possédait sous l’Ancien Régime des collections parmi les plus riches d’Europe (bibliothèques du Magistrat et de la Ville, mais aussi des maisons religieuses et des institutions d’enseignement). L’ensemble s’est trouvé complètement restructuré à la suite des saisies révolutionnaires, mais la bibliothèque ainsi constituée a été pratiquement détruite lors du bombardement allemand de 1870.
La reconstitution est très vite lancée par les nouvelles autorités, attentives à en faire une vitrine de la réussite wilhelminienne. Un bâtiment nouveau est inauguré en 1895, tandis que l’établissement s’inscrit, par son budget, au second rang des bibliothèques allemandes. Le rattachement de Strasbourg et de l’Alsace à la France, au lendemain de la Première Guerre mondiale, marquera un véritable retour de balancier, tandis que le projet actuel de « BNU nouvelle » vise précisément à valoriser un héritage particulièrement riche, et à l’inscrire dans une trajectoire qui dépasse le cadre de la traditionnelle concurrence entre nations.
Cet exemple exceptionnel permet de toucher non seulement à l’histoire de la ville et de la région rhénane, mais aussi à l’histoire des institutions et des idées, ainsi qu’à la problématique des transferts culturels, des identités nationales et de la construction européenne entre les deux acteurs majeurs de cette dernière.
L’objectif de ce projet est de proposer une histoire de la BNU, qui sera analysée notamment par le biais de la problématique des transferts culturels, de manière à faire sens dans un cadre européen. Le projet est conçu pour s’articuler avec la constitution à Strasbourg d’un Pôle universitaire d’histoire du livre.



