Université de Strasbourg

Sens magnétique

Bases moléculaires et cellulaires du sens magnétique chez les animaux

USIAS Fellow : Hervé Cadiou

De tout temps, les hommes ont pu observer que les animaux effectuaient des migrations sur de longues distances. Par exemple, la sterne arctique voyage d’un pôle à l’autre, soit une distance de 30 000 km pour profiter de deux étés par an. Bien que les chercheurs aient pu observer une implication des indices visuels et olfactifs, ceux-ci ne sont pas toujours présents (ciel couvert). Les animaux doivent alors se reposer sur des indices présents de façon permanente. Des observations réalisées sur une période de 50 ans nous ont appris que les animaux peuvent en effet détecter le champ magnétique terrestre et possèdent de ce fait un sens additionnel. Toutefois, le ou les mécanismes qui permettent à des cellules spécialisées de transmettre l’information magnétique au cerveau ne sont pas connus. En effet, les tissus biologiques sont transparents aux champs magnétiques et les cellules détectrices pourraient être donc placées n’importe où dans l’organisme. En outre la magnéto-réception est un sens qui n’existe pas chez les humains (ou du moins nous n’en sommes pas conscients). Les recherches les plus récentes favorisent deux mécanismes : une réaction photochimique ou la présence de matériel magnétique dans des cellules spécialisées. Basés sur cette dernière hypothèse, nous avons développé de nouvelles techniques comme la détection optiques de la magnétite et le triage magnétique de cellules. Ces méthodes nous ont permis de démontrer la présence de cellules contenant de la magnétite dans l’épithélium olfactif de poisson. Le but de ce projet est donc de démontrer un clair lien entre ces cellules et la détection du champ magnétique par les animaux. Dans ce but, nous utiliserons une combinaison de techniques comme le triage magnétique de cellule et l’imagerie calcique.

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