Université de Strasbourg

Benoît Marteyn

Biographie - Benoît Marteyn

Institut de biologie moléculaire et cellulaire (IBMC), Architecture et réactivité de l'ARN (ARN) – UPR 9002, université de Strasbourg et CNRS

Benoît Marteyn, USIAS Fellow 2020

Diplômé de l’Agrocampus Ouest, Rennes en 1998, Benoît Marteyn a obtenu son doctorat en microbiologie à l’université Paris XI Orsay en 2005. Cette thèse a été effectuée en microbiologie environnementale au Commissariat à l’énergie atomique et aux énergies alternatives (CEA, Saclay), sous la direction du Dr. Franck Chauvat.

Benoît Marteyn a ensuite obtenu une bourse de la Fondation pour la recherche médicale (FRM) afin d’effectuer un stage postdoctoral à l’Imperial College London (Royaume-Uni), dans le laboratoire du professeur Christoph Tang de 2006 à 2009. C’est au cours de cette période que les premières démonstrations du rôle essentiel joué par l’oxygène dans la régulation de la virulence du pathogène Shigella ont été réalisées (Marteyn et al., 2010, Nature). Le Dr. Marteyn a ensuite rejoint l’Institut Pasteur et le laboratoire du professeur Philippe Sansonetti, microbiologiste spécialiste de ce pathogène, pour effectuer un deuxième stage postdoctoral. Il a été recruté en 2014 par l’Inserm en tant que Chargé de recherche (CR1) et a obtenu son Habilitation à diriger des recherches en 2017 à l’université Paris Descartes.

Suite à l’obtention d’une bourse ANR Jeunes chercheurs/Jeunes chercheuses (2017-2020), Benoît Marteyn a initié la formation de son équipe en 2016 à l’Institut Pasteur, puis à l’Institut de biologie et de génétique cellulaires (CNRS, Bordeaux), avant de rejoindre l’Institut de biologie moléculaire et cellulaire, dans l’unité CNRS UPR 9002 dirigée par le Dr. Pascale Romby. En 2019, il a été promu Directeur de recherche à l’Inserm.

Les thématiques développées dans son laboratoire vont de la microbiologie fondamentale à l’immunologie en passant par la physiopathologie, avec une question centrale : le rôle joué par l’oxygène dans les processus infectieux.

Projet - Régulation oxygène-dépendante de la sécrétion de Shigella et de la dégranulation des neutrophiles : impact sur le processus infectieux

01/06/2020 - 31/05/2022

Les maladies infectieuses restent aujourd’hui la cause principale de mortalité dans les pays en voie de développement. Les infections bactériennes sont responsables d’infections pulmonaires (3 millions de morts/an), de maladies diarrhéiques (1,4 millions de morts/an) ou de tuberculose (1,5 millions de morts/an). L’absence de vaccin protégeant contre plusieurs bactéries pathogènes est la cause principale de ces taux de mortalité encore élevés. L’objectif principal de l’équipe de Benoît Marteyn est de contribuer au développement d’un vaccin contre Shigella, une entérobactérie pathogène responsable de la dysenterie bacillaire ou shigellose (0,8 million de morts/an). Ses projets sont articulés autour de trois axes principaux : (1) mieux comprendre les bases moléculaires de la virulence de Shigella et sa manipulation de la réponse immunitaire, (2) identifier de nouveaux candidats vaccins, dont l’efficacité sera évaluée grâce (3) au développement de nouveaux modèles animaux d’infections, qui font encore défaut.

Plus précisément, l’équipe a récemment démontré que lors du processus infectieux, Shigella consomme l’oxygène au sein du tissu colonisé pour former des foyers infectieux hypoxiques (Tinevez et al., 2019, Nature Microbiology), soulevant la question du rôle joué par l’oxygène dans la régulation de la virulence de Shigella, mais aussi de l’efficacité de la réponse immunitaire, notamment médiée par les neutrophiles, principales cellules immunitaires recrutées au cours de l’infection par Shigella.

L’équipe de Benoît Marteyn a récemment observé qu’un système de sécrétion de Shigella (T5SS, SPATEs) était activé en l’absence d’oxygène. Dans ces mêmes conditions, elle a observé la stimulation de la sécrétion de cocktail d’antimicrobiens (protéases, molécules bactéricides) par les neutrophiles.

Au cours de ce projet, l’équipe élucidera les mécanismes à l’origine de la régulation par l’oxygène de la sécrétion des SPATEs par Shigella et de la dégranulation du neutrophile. Elle déterminera leurs intégrités respectives lors de leurs interactions in vitro et in vivo. Dans la dernière partie du projet, l’équipe comparera les propriétés (composition, structure, fonctions) du « sécrétome » des neutrophiles, qu’elle étudie depuis plusieurs années au laboratoire, et les Neutrophil Extracellular Traps (NETs), qui consistent en la libération d’ADN génomique par les neutrophiles. Cette analyse sera en particulier menée dans le cas de l’infection par Shigella, en lien avec l’oxygène disponible.

Biographie post-doc - Jūratė Skerniškytė

Institut de biologie moléculaire et cellulaire (IBMC), Architecture et réactivité de l'ARN (ARN) – UPR 9002, université de Strasbourg et CNRS

Jūratė Skerniškytė

Jūratė Skerniškytė a obtenu sa licence et son master en biochimie à l’université de Vilnius (Lituanie) en 2013 et 2014 respectivement. Au cours de cette période, elle a mené plusieurs projets de recherche portant sur l’étude de la virulence de différents pathogènes au sein de la faculté des sciences naturelles. Elle a également saisi l’opportunité de travailler en tant qu’assistante chercheuse dans la division de biologie du développement du Cincinnati Children’s Hospital Medical Center (Ohio, États-Unis) en 2013. Elle a défendu sa thèse, intitulée « Mécanismes moléculaires de la pathogenèse d’Acinetobacter baumannii » à l’université de Vilnius en 2019.

Au sein du centre des sciences de la vie de cette dernière, Jūratė Skerniškytė a concentré ses recherches sur l’étude de la virulence du pathogène nosocomial très répandu A. baumannii. Elle a notamment étudié de nouveaux mécanismes de virulence impliqués dans sa résistance aux antibiotiques et à son adhésion aux cellules hôtes, en utilisant différentes approches génétiques. Durant cette période, elle a supervisé le projet « Macrophage inflammatory response to the outer membrane vesicles secreted by Acinetobacter baumannii » * (2018-2019), financé par le Conseil de recherche lituanien (LMT). Elle a également enseigné la biochimie et la biologie moléculaire à des étudiants de premier et de second cycle, et a travaillé au sein de l’unité de microfluidique du centre. Pendant son doctorat, Jūratė Skerniškytė a obtenu un financement pour réaliser une mobilité à l’Institut Micalis (INRA, Jouy-en-Josas, France) pour se former à l’étude de biofilms formés par A. baumannii. Au cours de ce stage, elle a également étudié les propriétés immunomodulatoires de Faecalibacterium prausnitzii, une bactérie présente dans le microbiote intestinal humain, et potentiellement impliqué dans les maladies inflammatoires de l’intestin.

En décembre 2020, Jūratė Skerniškytė’s rejoint l’équipe du Dr. Benoît Marteyn à l’IBMC, pour réaliser son stage postdoctoral financé par l’USIAS.

* Réponse inflammatoire des macrophages aux vésicules membranaires externes sécrétées par Acinetobacter baumannii

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