Université de Strasbourg

Isabelle Hoog Naginski

Biographie

Département d'études romanes, université Tufts, États-Unis & Fellow USIAS à l'EA 1337 - Configurations littéraires, université de Strasbourg

Isabelle Naginski, USIAS Fellow 2018

Isabelle Hoog Naginski est professeure de littérature française et comparée à l’université Tufts de Boston. Spécialiste du roman français et russe du XIXe siècle, elle s’est concentrée sur George Sand, Balzac, Stendhal, Flaubert, Dostoïevski et Tolstoï. Elle a publié de nombreux articles traitant du romantisme, de l'écriture au féminin et de la pensée utopique dans des revues littéraires françaises et américaines. Parmi ses publications, nous pouvons citer George Sand. Writing for Her Life (Rutgers University Press, 1991), traduit en français sous le titre George Sand. L'écriture ou la vie (Honoré Champion, 1999), George Sand Mythographe (Presses universitaires Blaise Pascal, Clermont-Ferrand, 2007) et l’édition critique de George Sand, Spiridion (Honoré Champion, 2018). Elle travaille actuellement à une édition critique de Lélia, dans le cadre des Œuvres complètes de George Sand, dirigées par B. Didier chez Champion. Co-fondatrice des George Sand Studies, elle a également organisé plusieurs colloques et numéros spéciaux consacrés à l’auteure (George Sand. Pratiques et imaginaires de l'écriture. Actes du Colloque international de Cerisy-la-Salle, avec B. Diaz, Presses universitaires de Caen, 2006 ; Revue des sciences humaines, 1992).

Isabelle Hoog Naginski a reçu de nombreuses bourses de recherche, dont deux bourses du National Endowment for the Humanities (1987-1988 & 2002-2003), une bourse de la Mellon Association in the Humanities (1983-1984), une Mellon Research Fellowship (1987), deux bourses d’été du National Endowment for the Humanities (1982 et 1987), une bourse Gilbert Chinard (1986) et une bourse de recherche à l’étranger de l’American Council of Learned Societies (1987). Elle est Officier de l’Ordre des palmes académiques (1992).

Projet - De fouiller dans ses entrailles à laisser le vent jouer de sa harpe : la poétique sandienne du génie

Septembre – décembre 2018

La poétique du génie chez Sand peut être envisagée selon trois paradigmes. Dans ses premières œuvres, elle décrit comment elle retombait sans cesse sur elle-même « le scalpel à la main et fouillai[t] [ses] entrailles pour y trouver le secret » de son talent. Cette remarque est en accord avec le modèle aristotélicien, qui voit l’artiste romantique de génie comme une créature tourmentée. Dans sa seconde phase, elle créa un nouveau type d’artiste qui était le transmetteur de l’inspiration et non pas son producteur exclusif. Cette mutation privilégie le modèle platonicien. Plus tard dans sa carrière, elle a adapté les théories de Du Bos à sa province d’enfance de façon à mettre en valeur le Berry comme un lieu liminal entre les anciennes langues d’oc et d’oïl. Elle a trouvé une source fertile de génie collectif dans son folklore, ses dialectes et ses traditions.

Deux exemples frappants mettent en jeu Flaubert et Chopin. Le premier était un artiste saturnien archétypal. Sand lui présenta une autre façon de composer : « Le vent joue de ma vieille harpe comme il lui plaît d’en jouer … je ne peux rien trouver en moi. C’est l’autre qui chante à son gré », mais Flaubert n’en fut pas convaincu.

Sand utilise les deux paradigmes aristotélicien et platonicien pour expliquer les habitudes de travail de Chopin : « Sa création était spontanée, miraculeuse. Il la trouvait sans la chercher… Mais alors commençait le labeur le plus navrant auquel j’aie jamais assisté. » Le fait qu’il « passait six semaines sur une page pour en revenir à l’écrire telle qu’il l’avait tracée du premier jet » montre bien qu’il était un platonicien déguisé en aristotélicien.

Isabelle Hoog Naginski sera accueillie par le professeur Guy Ducrey au sein de l'unité Configurations Littéraires pendant son séjour à Strasbourg dans le cadre de ce projet.

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