Université de Strasbourg

Madeline Vauthier

Biographie

Madeline Vauthier

La Dre Madeline Vauthier est maîtresse de conférences à l'université de Strasbourg (France). Elle enseigne à l’École européenne de chimie, polymères et matériaux (ECPM) et effectue ses recherches au sein de l’Institut Charles Sadron (ICS, UPR 22 CNRS).

Elle a obtenu un diplôme d’ingénieure chimiste en 2015 à l’ECPM avant de commencer son doctorat à l’université de Haute-Alsace (UMR 7361), où elle développait des revêtements intelligents sous la direction du professeur Vincent Roucoules et de la Dre Florence Bally-Le Gall (2015-2018). Plus précisément, l'objectif de cette étude était de concevoir des revêtements fonctionnels (polymérisation plasma puis post-fonctionnalisation) réagissant par la chimie de Diels-Alder, et de comprendre leur réactivité interfaciale par des méthodes cinétiques et thermodynamiques.

Après un an d’ATER à l’ICS, la Dre Vauthier obtient son poste de maîtresse de conférences en 2019. Elle fait partie de l’équipe Ingénierie des polymères et intensification de procédés (IP2), dirigée par le professeur Christophe Serra, où elle travaille sur le développement de nanoparticules de polymères dont les propriétés et la morphologie sont contrôlables et/ou stimulables. Elle met ainsi ses compétences de physico-chimiste des matériaux au profit du génie des procédés, formant de tout nouveaux types d’objets.

Passionnée autant par la recherche et l’enseignement que la vulgarisation scientifique, elle a obtenu en 2022 le prix Jeune Docteure de la Société chimique de France (SCF), ainsi que celui de l’innovation pédagogique de la Conférence des grandes écoles.

Fellowship 2023

Dates - 01/09/2023-31/08/2025

Résumé du projet

UN « CLIC » POUR CONTRÔLER LA MORPHOLOGIE DES POLYMERSOMES

Depuis les années 1990, la création de micro- et nano-objets pour divers domaines d'application, tels que les textiles, la détergence, la pharmacie, la transformation des aliments ou l'aéronautique, suscite un vif intérêt de la part des chercheurs et des ingénieurs. En effet, les matériaux peuvent ainsi être rendus plus résistants, plus légers, plus réactifs et/ou de meilleurs conducteurs électriques, permettant par exemple la miniaturisation des composants ou l'encapsulation de composés instables ou volatils. De nombreux produits d'usage courant contenant des micro- ou nanomatériaux sont déjà sur le marché européen (batteries, revêtements, cosmétiques, etc.). Toutefois, si les nanomatériaux inorganiques offrent des possibilités techniques et commerciales, ils peuvent également être dangereux pour l'environnement et poser des problèmes pour notre santé. C’est pourquoi ils font l'objet de restrictions et de législations de plus en plus strictes et nombreuses.

Une bonne alternative à ces nanomatériaux inorganiques serait l'utilisation de polymères : en effet, la synthèse de ces macromolécules peut être contrôlée afin de réduire les problèmes susmentionnés, d'être plus respectueuse de l'environnement et d’obtenir des matériaux biodégradables. Parmi les objets à base de polymères, les polymersomes, qui sont des sphères creuses auto-assemblées à l'aide de copolymères à blocs amphiphiles, suscitent beaucoup d’enthousiasme en raison de leur polyvalence et de leur propension à former des systèmes biologiquement stables. Dans la littérature, il est possible de trouver des polymersomes UCST (upper critical solution temperature) et LCST (lower critical solution temperature) capables de gonfler ou de rétrécir avec la température. Ce type de réversibilité est basé sur des interactions faibles, à savoir la création et la rupture de liaisons polaires ou hydrogène en fonction de la température environnante.

Dans ce contexte, ce projet vise à contrôler la forme de polymersomes intelligents qui forment des liaisons covalentes et réversibles par stimulation thermique. Peu de réactions peuvent être classées comme des réactions thermoréversibles dans le sens où elles conduisent à la formation de liaisons covalentes qui ne sont réversibles que sous l'effet d'un stimulus thermique. Il devient donc intéressant d'étudier la production par microfluidique de polymersomes fonctionnalisés et d'étudier leur comportement en changeant la température du milieu, afin de pouvoir contrôler leur agrégation ou leur assemblage.

Autres informations et actualités (activités, personnel du projet, publications...)

Irene Andrea Acuña Mejía

Irene Andrea Acuña Mejía (ingénieure d'études) a obtenu son diplôme d'ingénieure chimiste à l'université nationale de Colombie à Bogota en 2018. Elle a ensuite validé un master en sciences des polymères et matériaux durables à l'université de Strasbourg (France) et à l'université de Fribourg (Allemagne) en 2021, avant de rejoindre l'équipe IP2 de l'Institut Charles Sadron (ICS) à Strasbourg en tant qu'ingénieure, en 2022. Elle y a travaillé sur le développement d'un processus intensifié pour la production continue de microparticules de polymères hybrides avec des propriétés solvatochromiques en utilisant la microfluidique. Actuellement, elle participe au projet USIAS de la Dre Madeline Vauthier, qui se concentre sur la production de polymersomes fonctionnalisés à l’aide de différents dispositifs microfluidiques.

France 2030