Université de Strasbourg

Stéphane Baudron & Benoît Louis

Biographie - Stéphane Baudron

Chimie de la matière complexe (CMC)  - UMR 7140, université de Strasbourg & CNRS

Stéphane Baudron, USIAS Fellow 2019

Diplômé de l’École Nationale Supérieure de Chimie de Paris (ENSCP) en 1998, Stéphane Baudron obtient un doctorat en chimie inorganique à l’université d’Angers en 2002. Cette thèse, réalisée sous la direction du Dr. Patrick Batail, portait sur le développement de nouveaux matériaux hybrides organique-inorganique conducteurs. Il a ensuite reçu une bourse Lavoisier du Ministère des affaires étrangères pour un séjour postdoctoral au sein du laboratoire du professeur Jeffrey Long à UC Berkeley (USA). En 2004, il a été recruté au CNRS en tant que chargé de recherche dans l’équipe du professeur Mir Wais Hosseini à l’université de Strasbourg, où il a développé un programme visant à l’élaboration de stratégies de construction de réseaux métallo-organiques cristallins à partir de dérivés bis- et poly-pyrroliques.

En 2009, Stéphane Baudron obtient son habilitation à diriger des recherches à l’université de Strasbourg et reçoit en 2011 une bourse de la Japan Society for the Promotion of Science (JSPS) pour un séjour dans le laboratoire du professeur Susumu Kitagawa à l’université de Kyoto (Japon). En 2019, il est promu directeur de recherches au CNRS.

Son activité scientifique est motivée par son intérêt pour la chimie de coordination et la chimie supramoléculaire, en particulier l’assemblage de complexes métalliques pour la formation d’architectures émissives ou conductrices, ainsi que pour le développement de nouveaux milieux de synthèse pour la formation de ces matériaux.

Biographie - Benoît Louis

Institut de chimie et procédés pour l’énergie, l’environnement et la santé (ICPEES) - UMR 7515, université de Strasbourg & CNRS

Benoît Louis, USIAS Fellow 2019

Benoît Louis est diplômé de l’université de Strasbourg en 1998, où il obtient un doctorat en génie de la réaction catalytique à l’Ecole Polytechnique Fédérale de Lausanne (EPFL, 2002). Il est actuellement directeur de recherche au CNRS au sein de l’Institut de chimie et procédés pour l’énergie, l’environnement et la santé (ICPEES, UMR 7515).

Depuis une vingtaine d’année, Benoît Louis s’attèle à concevoir à façon des zéolithes – des cristaux formés d’un squelette microporeux - pour des applications en catalyse acide, principalement. L’originalité de sa recherche réside dans la combinaison d'un design de solides microporeux du site actif au cristal, parfois même jusqu’à l’échelle macroscopique (mise en forme, dépôts) pour une application dans des réacteurs industriels.

Les deux faits marquants de son travail sont le développement d’une technique de quantification de l’acidité de Brønsted d’acides solides basée sur le marquage isotopique H/D ainsi que la synthèse d’un catalyseur zéolithique permettant de convertir le méthanol en propylène à rendement et stabilité très élevés. Ce catalyseur est actuellement en cours de mise à l’échelle industrielle dans le cadre d’un projet de maturation industrielle (SATT Conectus Alsace).

Ses intérêts de recherche englobent la catalyse hétérogène, les zéolithes et solides poreux, la valorisation de la biomasse, l’activation des alcanes, la séquestration et conversion du dioxyde de carbone et de manière plus générale la chimie du C1.

Le Dr. Louis est co-auteur de 130 articles scientifiques, 4 chapitres de livre et 3 brevets. Il a été professeur invité à l’université Fédérale de Rio de Janeiro en Brésil (2013-2018) ainsi qu’à l’université Forestière de Pékin en Chine (2017-2018). Il a été récompensé par de nombreuses distinctions : médaille de bronze du CNRS (2009), prix de la Société Chimique de France (SCF), Division Catalyse (2013), "Acid-Base Catalysis" Young Scientist Award (Tokyo, Japon, 2013) et le prix Guy Ourisson Cercle Gutenberg (2015).

Projet - Solvants naturels à eutectique profond pour la préparation de réseaux métallo-organiques chiraux et actifs en catalyse énantiosélective (NaDesCatMOF)

La chiralité est une propriété essentielle dans différents domaines tels que les mathématiques, la physique, la biologie ou la chimie. Ainsi, les énantiomères (molécules de configuration opposée) peuvent présenter des activités biologiques ou pharmaceutiques drastiquement différentes, faisant de leur préparation sous une forme pure un grand enjeu. Dans la nature, les enzymes sont capables de réaliser aisément de telles synthèses énantiosélectives, alors que les chimistes ont développé une large gamme de catalyseurs asymétriques opérant dans des conditions homo- ou hétérogènes. En particulier, les réseaux métallo-organiques du type MOFs (Metal-Organic Frameworks), matériaux cristallins poreux obtenus par assemblage de nœuds métalliques et de ligands organiques pontants, ont été très étudiés au cours des dernières années pour de telles applications. L’approche généralement suivie dans la littérature pour promouvoir l’homochiralité au sein des MOFs est d’employer des briques de construction homochirales, soit au niveau du composant métallique ou plus souvent des ligands. Alors que cette stratégie a démontré son efficacité, elle nécessite dans un premier temps la synthèse parfois coûteuse de dérivés organiques énantiopurs puis des MOFs eux-mêmes ainsi que leur caractérisation ; un processus globalement gourmand en temps. Il serait donc intéressant, comme alternative, de diriger la formation de telles architectures chirales à partir de composants achiraux lors du processus-même de cristallisation. Si cette voie est connue, la formation de conglomérats, mélanges racémiques de cristaux, est souvent observée. Une façon possible d’éviter la présence de tels conglomérats repose sur l’emploi d’un environnement chiral, tel que le solvant de synthèse ou un additif énantiopur, pouvant mener à une résolution spontanée.

Le projet NaDESCatMOF propose d’étudier la possibilité d’utiliser une classe émergente de solvants verts, obtenus à partir de dérivés naturels disponibles sous forme énantiopure, pour l’induction chirale lors du processus de cristallisation de MOFs. L’activité en catalyse hétérogène énantiosélective de ces matériaux sera alors explorée.

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