Université de Strasbourg

Nicolas Matt

Biographie

Laboratoire modèles insectes d’immunité innée (M3I) - UPR 9022, Institut de biologie moléculaire et cellulaire (IBMC), université de Strasbourg et CNRS

Nicolas Matt , USIAS Fellow 2018

Le Dr. Nicolas Matt réalise sa thèse à l’Institut de génétique et de biologie moléculaire et cellulaire (IGBMC) dans l’équipe du professeur Manuel Mark et du Dr. Norbert Ghyselinck, où il travaille sur la régulation de la transcription des gènes cibles des récepteurs nucléaires à l’acide rétinoïque. Il obtient en 2004 un doctorat en biologie et génétique moléculaire du développement de l’université Louis Pasteur de Strasbourg (France), et effectue par la suite un stage post-doctoral à l’université de Bâle (Suisse).

En 2006, il est nommé maître de conférences à l’université de Strasbourg et rejoint le laboratoire Réponse immunitaire et développement chez les insectes (UPR9022 CNRS). Lauréat en 2015 du prix Espoir de l’université de Strasbourg, il obtient en 2016 l’habilitation à diriger des recherches et anime dès lors sa propre équipe au sein du laboratoire UPR9022 du CNRS, renommée M3I. Ses travaux de recherche se concentrent sur le déchiffrage des mécanismes moléculaires qui régulent et orchestrent la transcription des gènes cibles des facteurs NF-kB au cours de la réponse immunitaire innée. Son équipe fait partie du Labex NetRNA : Networks of Regulatory RNAs across kingdoms and dynamical responses to biotic and abiotic stresses.   

Nicolas Matt est par ailleurs co-responsable, avec le Dr. Bertrand Séraphin (Directeur de l’IGBMC, CNRS UMR 7104 - Inserm U 1258, France), de l’École universitaire de recherche en biologie moléculaire et cellulaire intégrative (EUR-IMCBio).

Projet - Exploration au niveau de la chromatine de la réponse immunitaire innée chez les insectes et les mammifères

Octobre 2018 – septembre 2020

Les facteurs de transcription NF-kB sont des acteurs clés de la cascade transcriptionnelle conduisant à l'inflammation, où ils activent des gènes ayant des activités pro- ou anti-inflammatoires. Des efforts massifs dans le développement de médicaments ont été faits pour interférer avec la signalisation NF- kB au cours des maladies inflammatoires. Cependant, l'arrêt complet de la voie NF-kB peut entraîner de nombreux effets indésirables. Dans ce contexte, notre laboratoire a découvert l’akirine, une protéine conservée de la voie NF-kB, nécessaire à la transcription des gènes pro-inflammatoires, mais pas aux gènes NF-kB-dépendants contribuant à la régulation négative de l'inflammation. Cette découverte fait ressortir une dichotomie dans les gènes cibles de NF-kB, entre l'activation de gènes dépendants ou indépendants de l'akirine, ce qui permet pour la première fois de découpler l'activation et la résolution de l'inflammation. Nous avons pu montrer que le complexe de remodelage de la chromatine SWI/SNF ainsi qu’une modification épigénétique des histones sont des éléments spécifiques de cette dichotomie et, dernièrement, une étude a révélé que les marques épigénétiques sont déterminantes pour le recrutement sélectif des complexes de remodelage de la chromatine, indispensables à la bonne expression des gènes. Collectivement, cela suggère que pendant la réponse inflammatoire, un code épigénétique particulier existe pour déclencher l'activation spécifique des gènes dépendant de l'akirine au cours de l'inflammation.

Nous proposons ici de déchiffrer ce code. À cet effet, nous combinerons des approches de génétique chez la drosophile et des lignées cellulaires murines à des méthodes d’exploration à l’échelle du génome entier afin d’explorer le changement épigénétique et le remodelage chromatinien accompagnant la stimulation immunitaire. Ce projet permettra d’obtenir une vision complète du processus inflammatoire au niveau moléculaire et apportera de nouvelles perspectives sur les mécanismes qui gouvernent la sélectivité transcriptionnelle des facteurs NF-kB.

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