Université de Strasbourg

Cosima Stubenrauch

Biographie

Institut de chimie physique, université de Stuttgart, Allemagne & Fellow USIAS à l’Institut Charles Sadron (ICS), université de Strasbourg

Cosima Stubenrauch, USIAS Fellow 2018

Le professeur Cosima Stubenrauch a étudié la chimie à Münster et à Fribourg-en-Brisgau, avant d’obtenir son doctorat en chimie physique auprès du professeur Gerhard Findenegg à l’université technique de Berlin (Allemagne) en 1997. Après une année post-doctorale à l’université Paris-Sud dans le groupe du professeur Dominique Langevin, elle a travaillé à l’université de Cologne (Allemagne) de 1999 à 2004, et y a achevé son habilitation au sein du groupe du professeur Reinhard Strey. De 2005 à 2009, elle a travaillé à l’University College de Dublin (Irlande) en tant que maître de conférences et professeur adjoint. Depuis 2009, elle est professeur titulaire à l'université de Stuttgart (Allemagne). Elle est en outre doyenne de la faculté de chimie depuis 2014, et maître de conférences à l’Institut royal de technologie (KTH) de Stockholm (Suède) depuis 2010.

Cosima Stubenrauch a reçu neuf prix nationaux et trois prix internationaux, dont le plus récent est le Distinguished Paper Award de l’American Chemical Society et le plus prestigieux le Nernst-Haber-Bodenstein Prize de la German Bunsen Society for Physical Chemistry (DBG). Elle a publié 156 articles dans des revues internationales à comité de lecture, déposé un brevet et édité un livre. Elle a donné un total de 164 présentations orales, dont 139 en tant qu’experte invitée. Elle a supervisé 10 post-doctorats, 22 doctorats, 21 étudiants de troisième cycle, 7 de second cycle et 13 de premier cycle. Elle a collecté des fonds à hauteur de plus de 7 M€. Enfin, et surtout, elle a coordonné un Réseau de formation par la recherche Marie Curie de 2005 à 2008, disposant d’un budget total de plus de 3 M€. Ses activités de recherche concernent principalement les films de mousse et mousses liquides, les mousses solides monodispersées, les fluides complexes gélifiés, les microémulsions et les cristaux liquides lyotropes.

Projet - Interactions dans les films liquides minces : vers des mousses, émulsions et dispersions non-aqueuses

Novembre 2018 - juin 2020

Les systèmes dispersés comme les mousses, les émulsions et les dispersions solides consistent en une phase discrète (gaz, liquide ou solide), dispersée dans une phase liquide continue. Ils sont largement employés dans des applications industrielles et produits du quotidien, par exemple dans les produits ménagers et de soins ainsi que dans la pharmacie, la nourriture, les peintures ou encore la lutte contre les incendies. Ils servent également de modèles pour la synthèse de matériaux poreux. À l’inverse, ils se révèlent nuisibles dans certains contextes et doivent donc être évités. Par conséquent, un contrôle spécifique de leur stabilité est indispensable ! Étonnamment, et malgré 35 ans de recherches, la raison de leur stabilité - ou instabilité - n’est pas encore comprise dans le détail. Cela est particulièrement vrai pour les systèmes non-aqueux. Nous savons toutefois que la stabilité d’un système dispersé est directement en lien avec la stabilité du film liquide mince séparant les bulles (mousses), les gouttelettes (émulsions) ou les particules (dispersions solides). Ce projet a donc pour objectif d’étudier ces films liquides minces à l’aide de diverses techniques, afin d’en apprendre plus sur leurs équivalents macroscopiques.

La stabilisation des mousses, émulsions ou dispersions non-aqueuses est un champ peu développé malgré sa pertinence pour un large éventail d’applications, par exemples les émulsions non-aqueuses dans les cosmétiques, les mousses non-aqueuses dans les sciences alimentaires ou les mousses polymères non-aqueuses en science des matériaux. Dans la mesure où la stabilité des films liquides minces séparant les bulles, les gouttelettes ou les particules est cruciale pour la stabilité du système dispersé, nous étudierons pour la première fois les interactions au sein de films liquides minces non-aqueux stabilisés par des tensioactifs modèles ou des copolymères à blocs amphiphiles et comparerons nos résultats à ceux obtenus pour les systèmes aqueux correspondants. À cet effet, nous associerons les trois techniques suivantes : Thin Film Pressure Balance (TFPB) pour les films de mousse, Liquid Surface Force Apparatus (LSFA) pour les films d’émulsion, et Surface Force Apparatus (SFA) pour les films entre surfaces solides. Remarque : jusqu’ici, presque toutes les recherches ont été menées sur des systèmes aqueux et aucune comparaison systématique n’existe entre les différents types de films. Pour ce projet, Cosima Stubenrauch collaborera, en partie dans le cadre d’une visite sabbatique, avec le Dr. Wiebke Drenckhan et le Dr. Patrick Kékicheff afin de rassembler les diverses expertises présentes à l’Institut Charles Sadron (ICS) et de remédier à cette lacune scientifique.

Biographie post-doc : Tetiana Orlova

Institut de chimie physique, institut Charles Sadron (ICS), université de Strasbourg

Tetiana_Orlova

Tetiana Orlova a obtenu son doctorat de physique des cristaux moléculaires et liquides en 2007 à l’institut de physique de l’Académie nationale des sciences d’Ukraine, où elle a poursuivi ses activités de recherche jusqu’en 2013. Au cours de ces années, elle a étudié la photoisomérisation de la molécule stéroïdienne de provitamine D en confinant de la matière condensée molle, ainsi que les propriétés et structures optiques induites dans des cristaux liquides achiraux et chiraux par la présence de dopant moléculaire photosensible. Elle a passé l’année universitaire 2013-2014 à l’université de Bordeaux dans le cadre d’une bourse Erasmus, afin d’étudier les états topologiques orientés créés spontanément dans les gouttelettes nématiques chirales. Elle a par la suite travaillé à l’université de Twente (Pays-Bas), ou elle a observé les modèles auto-organisés dynamiques de nanoparticules d’or dans des matériaux cholestériques photosensibles. Elle est ensuite retournée à l’université de Bordeaux de 2016 à 2017 en tant que récipiendaire d’une bourse individuelle Marie Sklodowska-Curie pour étudier les architectures supramoléculaires alimentées par la lumière au sein des cristaux liquides chiraux dans des conditions hors équilibre. En 2018, elle a temporairement occupé le poste de chercheur senior à l’université d’État de Tomsk (Russie), où elle a travaillé sur le développement d’échafaudages polymères hybrides sans plomb dans des applications biomédicales. En décembre 2018, elle est arrivée à l’Institut Charles Sadron dans le cadre du projet USIAS.

De manière générale, ses activités de recherche s’effectuent principalement dans le domaine expérimental, et sont avant tout en lien avec la recherche fondamentale et appliquée dans les champs de la physique et de la chimie physique de la matière condensée molle.

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