Alexandre Kostka
Fellowship 2015
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Alexandre Kostka, germaniste et historien de la culture européenne, est professeur à l’université de Strasbourg au sein de la Faculté LSHA et co-directeur du master Erasmus Mundus « Euroculture ». Membre du laboratoire SAGE (Sociétés, acteurs, gouvernement en Europe, UMR CNRS 7363), il a été élu Chaire Marc Bloch du Centre Marc Bloch de Berlin (2015-2016). Ancien boursier de la Fondation Alexander von Humboldt et de la Mellon Foundation, il a été enseignant invité dans les universités de Berlin, Leipzig et Osaka, et chercheur invité au CASVA (Centre for Advanced Studies in Visual Arts, National Gallery, Washington). Ses recherches portent sur les relations culturelles franco-allemandes dans le contexte européen des 19e et 20e siècles, principalement dans le domaine des arts visuels, sur la propagande artistique pendant la Première Guerre mondiale, et sur les politiques culturelles européennes.
Il a publié plus de cinquante articles dans des ouvrages scientifiques et des revues, publié ou édité sept livres, notamment : avec Françoise Lucbert (dirs.) : Distanz und Aneignung 1870-1945. Kunstbeziehungen zwischen Deutschland und Frankreich. Relations artistiques entre la France et l’Allemagne Berlin 2004 ; (dir.) : Weimar-Paris/Paris-Weimar. Kunst und Kulturtransfer um 1900, Tübingen, Stauffenburg, 2004, (avec Roland Kamzelak, Ulrich Ott et Luca Renzi) : Grenzenlose Moderne : Die Begegnung der Kulturen im Tagebuch von Harry Graf Kessler, Münstler, Mentis, 2015 ; avec Julia Drost : Penser l’Europe à travers les arts : le comte Harry Kessler, Berlin, Deutscher Kunstverlag (collection Passagen/Passages) sous presse, parution prévue fin 2015.
Strasbourg, laboratoire de la modernité (1880-1930) : nouvelles perspectives pour l’explication et la présentation d’un patrimoine artistique contesté entre France et Allemagne
Post-doctorante : Anne Doris Mayer
Cette recherche vise à établir un dialogue transdisciplinaire entre l’histoire de l’art, l’histoire culturelle, l’histoire médicale et l’histoire militaire pour la période cruciale au cours de laquelle la capitale du Reichsland Elsass-Lothringen, reprise par la France après 1918, a servi de « laboratoire » à l’Allemagne et à la France. Chacun de ces pays a investi l’espace urbain pour présenter ses aspirations à l’hégémonie culturelle en Europe. Alors que certaines approches précédentes ont plutôt insisté sur l’aspect nationaliste et propagandiste des politiques culturelles mises en œuvre par les musées, l’université et différents projets d’architecture et d’urbanisme, ce projet entend montrer que les méthodes d’investigation utilisées avaient également un effet performatif, tendant à « construire » (non nécessairement de manière totalement inconsciente) les différences qu’elles entendaient établir entre les aspects « allemands » et « français ». Il importe donc de reconnaitre la nature particulière du patrimoine culturel à Strasbourg en tant que complexe sémantique disputé (un « héritage contesté », selon l’expression de J. Tunbridge), et de localiser la ville en tant qu’« espace » spécifique (une « géographie de savoir », D.N. Livingstone, C. Jacob), dans lequel s’effectuent des négociations complexes entre des autodéfinitions culturelles et des projections identitaires concurrentes. Mené en étroite coopération avec les Musées de Strasbourg, qui préparent actuellement une exposition sur le passé partagé de la capitale alsacienne, ce projet associe universitaires et conservateurs de musées de Strasbourg, Berlin, Paris et Munich ainsi que d’autres villes, et cherche à enrichir les collections patrimoniales de la ville en établissant des liens qui, dans de nombreux cas, ont été interrompus par les circonstances historiques.



