Joachim Grage
Fellowship 2013
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Joachim Grage, né en 1966, a étudié la chimie et les littératures allemandes et scandinaves aux universités de Marbourg, Göttingen et Copenhague. Il a obtenu son doctorat en 1999 avec une thèse sur la découverte de la mer dans la littérature scandinave des XVIIe et XVIIIe siècles. De 1996 à 2002, il a été assistant en études scandinaves à l’université de Göttingen, puis professeur assistant de 2002 à 2008. Depuis 2008, il est professeur et directeur de l’Institut d’études scandinaves à l’université de Fribourg. En 2011-2012, il était également Internal Senior Fellow de l’Institut d’études avancées de Fribourg (FRIAS). Depuis 2013, il est vice-doyen de la faculté de philologie. Publications récentes : avec Stephan Michael Schröder (ed.) : Milieus, Akteure, Medien. Zur Vielfalt literarischer Praktiken um 1900. 2013 ; avec Stephan Michael Schröder (ed.) : Literarische Praktiken in Skandinavien um 1900. Fallstudien. 2012 ; (ed.) : Beiträge zur Wissens- und Wahrnehmungsgeschichte des Meeres in der frühen Neuzeit. 2012. Coéditeur de l’édition allemande de l’œuvre de Søren Kierkegaard.
Construire le Nord par les mots : géographie de la connaissance scientifique dans les philologies européennes 1850-1950
Fellows Fribourg-Strasbourg : Joachim Grage et Thomas Mohnike
Post-doctorant : Michael Riessler
Article d'Uni Wissen - janvier 2015
Le présent projet analyse l’usage des langues, des cultures et des littératures scandinaves en France, en Allemagne et en Scandinavie dans trois domaines académiques en plein essor – la philologie comparative, l’histoire littéraire et les études Sami – entre 1850 et 1950. Dans ces domaines, certains universitaires ont souvent dépeint le Nord comme un lieu de liberté, la dernière étendue sauvage, un refuge de la mélancolie ou le berceau d’une culture dynamique de guerriers germaniques, en opposition à la fainéantise et la superficialité du Sud. Ces géographies imaginatives du Nord dépendaient évidemment des contextes politiques et des besoins locaux, qui n’étaient pas les mêmes à Fribourg, Strasbourg, Copenhague ou Paris.
Le projet propose donc d’analyser 1) les versions changeantes et contradictoires des géographies imaginatives que les acteurs du domaine ont évoquées en utilisant les littératures et cultures scandinaves et 2) de quelle manière ces modèles scientifiques apparemment délocalisés dépendaient de différents besoins (politiques, didactiques, esthétiques, idéologiques, formels..) et pratiques locaux, en fonction des lieux, régions et circulation culturelle comme le dit Livingstone.
Ce projet propose donc de développer la première géographie dynamique transnationale du savoir scientifique du Nord, pas uniquement en tant qu’histoire du discours scientifique, mais également comme résultat des pratiques et performances locales du travail scientifique.



