Dominique Ferrandon
Fellowship 2012
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Dominique Ferrandon est Directeur de recherche à l'UPR 9022 du CNRS Réponse immunitaire et développement chez les insectes, au sein de l'Institut de biologie moléculaire et cellulaire. Après des études à l'École normale supérieure, il a rejoint le professeur Chambon à Strasbourg pour son DEA. Il a ensuite effectué sa thèse sur le développement de la drosophile à Tübingen sous la direction du professeur Nüsslein-Volhard. Il a alors rejoint le laboratoire dirigé par le professeur Hoffmann à Strasbourg, où il a développé l'approche génétique permettant d’identifier les gènes impliqués dans la réponse immunitaire de cette petite mouche, notamment ceux dont la fonction est de permettre la détection des infections. Plus récemment, il a développé des modèles d'infections intestinales chez cet insecte.
Récipiendaire de plusieurs prix décernés par l'Académie des sciences ou la Fondation pour la recherche médicale, parmi lesquels la Médaille de Bronze du CNRS (1999), le Grand Prix thématique Mottart de l’Académie des Sciences (2006) et le Prix Lucien Tartois de recherches en oncologie, immunologie ou virologie de la Fondation pour la recherche médicale (2008), il a été élu membre de l'EMBO en 2010.
Étude intégrée de la cellule à l'organisme d'un nouveau modèle de parasitisme chez la drosophile
Le parasitisme est inhérent à la vie et représente l’une des forces majeures de l'évolution du vivant. Une partie importante de l'humanité est touchée par ce phénomène, et l'état actuel de nos connaissances ne permet pas encore de vaincre ces maladies. Une petite mouche, la drosophile, dont la génétique est étudiée depuis plus d'un siècle, est à l'origine de découvertes fondamentales en biologie. Alors que nous connaissons dans ses grandes lignes la réponse immunitaire de cet insecte contre les infections bactériennes, fongiques ou virales, notre compréhension des mécanismes de la lutte contre les parasites eucaryotes intracellulaires est presque inexistante. Notre équipe a développé des modèles d'infection de cultures de cellules de la drosophile ou de l'organisme entier par l’un de ses parasites naturels, la microsporidie Tubulinosema ratisbonensis. Cet organisme à la base du règne des champignons est adapté à un mode de vie parasitaire et a perdu de nombreuses voies métaboliques. Il a en particulier perdu les centrales énergétiques des cellules eucaryotes et vole directement son carburant à la cellule hôte.
Le projet consistera en une étude détaillée du parasitisme, menée à plusieurs niveaux d'organisation, avec un va-et-vient entre les niveaux cellulaires et de l'organisme entier. En particulier, un grand crible génétique sera mené en culture de cellules afin d'identifier les gènes de l'hôte employés par le parasite pour sa propre prolifération. Nous utiliserons toutes les ressources de la génétique de la drosophile afin de comprendre comment l'organisme-hôte arrive à s'adapter aux niveaux métabolique et énergétique à la présence de cet invité égoïste, lequel n'est pas sans rappeler le comportement des cellules cancéreuses.



