Université de Strasbourg

Julien Fournier

Biographie

Julien Fournier

Julien Fournier est professeur d’histoire et d’épigraphie grecques à l’université de Strasbourg. Au sein de l’UMR 7044 – Archéologie et histoire ancienne : Méditerranée – Europe (ArcHiMèdE), dirigée par Sylvain Perrot, il est responsable de l’équipe 2, « Histoire et archéologie des mondes grec et romain ».

Ses recherches portent sur l’histoire de l’intégration des cités grecques dans l’empire romain, d’un point de vue social, institutionnel et juridique. Il est aussi spécialiste de l’histoire et de l’archéologie de la cité insulaire de Thasos, dont il contribue à publier les inscriptions et les monnaies antiques, au sein d’un programme piloté par l’École française d’Athènes.

Julien Fournier a été membre scientifique de l’École française d’Athènes (2004-2008). Au cours de ces années en Grèce, il a commencé à travailler sur l’épigraphie et la numismatique de la cité de Thasos. En parallèle, il a soutenu à l’université Paris-Sorbonne (2007) une thèse de doctorat consacrée à l’administration judiciaire dans les provinces hellénophones de l’Orient romain. La publication en a été couronnée par le IXe prix international de droit romain Gérard Boulvert (2013). Il a ensuite rejoint l’université de Lorraine comme maître de conférences en histoire grecque (2008-2012). De 2012 à 2016, il a été directeur des études de l’École française d’Athènes. Il a obtenu en 2017 son habilitation à diriger des recherches, délivrée par l’École pratique des hautes études (EPHE), avant de devenir professeur à Strasbourg (2018).

Fellowship 2026

Dates - 01/10/2026-30/09/2028

Résumé du projet

DÉCLOISONNER LES DISCIPLINES DE L’ANTIQUITÉ. LE PORTIQUE EN PI DE L’AGORA DE THASOS (GRÈCE), ENTRE ÉPIGRAPHIE, ARCHÉOLOGIE ET ARCHITECTURE

Le projet de Julien Fournier s’intéresse à un portique en marbre de l’agora de Thasos, édifié au IVe siècle av. J.-C. Cet édifice a pu servir de siège à des magistrats ou au tribunal de la cité. Il se situait sur la bordure la plus monumentale de la place publique, entre la salle du Conseil et le prytanée de la cité, face à un petit temple de Zeus. Il resta fonctionnel jusqu’au ive siècle apr. J.-C., avant d’être arasé pour laisser place à une église protobyzantine. Au cours de son histoire, ses murs furent couverts d’inscriptions : y furent gravées des listes de magistrats civiques, mais aussi des lettres d’empereurs et de gouverneurs romains.

Mis au jour entre 1914 et 1945, ce monument n’a jamais fait l’objet d’une publication d’ensemble : les données de la fouille, les éléments architecturaux et les inscriptions ont été publiés partiellement et séparément au cours des années 1950. Cette dispersion, conséquence d’une séparation arbitraire des champs disciplinaires, n’a jamais permis d’aboutir à une restitution générale de l’édifice, ni à l’écriture de son histoire dans la longue durée. Le projet de Julien Fournier vise précisément à croiser les apports des différentes disciplines pour produire la première étude globale du monument. Ce travail, mené en collaboration avec l’architecte Sôtiria Kriemadi, passera par le relevé systématique de tous les éléments conservés de l’édifice : vestiges en place, pierres errantes et blocs inscrits. La photogrammétrie et les humanités numériques permettront d’aboutir à une restitution générale du portique, incluant la couverture épigraphique.

Ce projet entend dépasser les clivages traditionnels afin de proposer une étude dynamique mêlant archéologie, architecture, épigraphie et histoire : son objet ne se limitera pas au mode de construction initial du monument, mais intégrera ses nombreux remaniements au fil des siècles, ses fonctions, ses usages ainsi que sa perception visuelle par les visiteurs antiques de l’agora. L’étude mobilisera des outils conceptuels récemment développés ou revisités, comme le paysage épigraphique ou l’habiter. 

France 2030