Vincent Dubois
Fellowship 2014
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Vincent Dubois, sociologue et politiste né en 1966, est membre du laboratoire SAGE (UMR CNRS 7363). Membre honoraire de l’Institut universitaire de France (2007-2012), membre Florence Gould de l’Institute for Advanced Study à Princeton (États-Unis) pour l’année universitaire 2012-2013, il est actuellement professeur à l’Institut d’études politiques de l’université de Strasbourg, où il dirige le master Sciences sociales du politique. Il a reçu la médaille de bronze du CNRS en 2001. Ses recherches proposent une approche sociologique critique de l’action publique, principalement dans les domaines de la culture, de la langue et du traitement public de la misère. Il a publié plus de 70 articles dans des revues et ouvrages scientifiques, et est l’auteur de huit livres, dont parmi les plus récents The Bureaucrat and the Poor: Encounters in French Welfare Offices, Aldershot, Ashgate, 2010 ; La politique culturelle, Paris, Belin, 2012 ; Le politique, l’artiste et le gestionnaire, Bellecombe, Croquant, 2012 (en coll.) ; La vie au guichet. Relations bureaucratiques et traitement de la misère, 3e édition, Paris, Economica ; The Sociology of Wind Bands. Amateur Music Between Cultural Domination and Autonomy, Aldershot, Ashgate, 2013 (en coll.) ; La culture comme vocation, Paris, Raisons d’Agir, 2013.
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Crédits photo: Pascal Bastien
Contrôler les assistés : un nouveau mot d’ordre de l’État social?
Parmi de très nombreux changements, la réforme de l’État social dans les pays occidentaux a récemment conduit au renforcement du contrôle des assistés sociaux, défini comme l’ensemble des dispositifs et pratiques institutionnelles destinés à vérifier que les bénéficiaires respectent les règles d’octroi des prestations. Pourquoi ce renouveau du contrôle ? Comment la fraude sociale a-t-elle été construite et promue comme un problème public ? Comment une simple routine bureaucratique a-t-elle été élevée au rang d’enjeu du débat politique et de l’action publique ? Comment le contrôle est-il organisé et mis en pratique ? Quels sont ses effets sur la vie des allocataires ? En abordant ces questions, ce projet apporte une contribution originale à l’analyse du nouvel équilibre entre politique, économie et morale qui définit l’État social contemporain. Elle montre de quelle manière la régulation juridique, les contraintes financières, les technologies de surveillance et les interactions directes entre agents et bénéficiaires se combinent dans le nouveau gouvernement des pauvres. Ce projet est basé sur une recherche empirique sur le cas français, replacé dans une perspective internationale, des années 1990 à nos jours. Il porte plus précisément sur le contrôle des bénéficiaires de minimas sociaux et des chômeurs.



