Université de Strasbourg

Marie-Paule Felder-Schmittbuhl

Fellowship 2014

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Marie-Paule Felder

Marie-Paule Felder est chargée de recherche au CNRS et travaille à l’Institut des neurosciences cellulaires et intégratives de Strasbourg. Elle a une formation de biologiste moléculaire/biochimiste, acquise à l’École normale supérieure de Cachan, et un doctorat en virologie de l’université Paris 7, obtenu en 1994. Elle a débuté sa carrière à l’Institut Curie, dans le laboratoire dirigé par le Dr. Georges Calothy, où elle s’est intéressée aux processus oncogéniques, cellulaires ou induits par les rétrovirus, en prenant notamment comme modèle la rétine. Son activité s’est ensuite focalisée sur une famille d’oncogènes nucléaires également requis pour des processus divers au cours du développement, en particulier dans l’œil, la famille Maf/Nrl. Depuis son arrivée à Strasbourg dans le Département de neurobiologie des rythmes, en 2005, elle essaye de comprendre de quelle manière la fonction visuelle s’adapte à l’alternance du jour et de la nuit, en analysant la localisation et le fonctionnement de l’horloge circadienne de la rétine et en caractérisant ses cibles moléculaires requises pour les fonctions et la survie rétiniennes.

Régulation par la lumière des horloges rétiniennes : de la cellule à la fonction visuelle

Post-doctorante : Nadia Mazzaro

Le monde vivant est adapté à l’alternance du jour et de la nuit et a développé des mécanismes endogènes de gestion du temps, en adéquation avec la période de rotation de la Terre autour de son axe. Il s’agit d’horloges « circadiennes » (d’une période proche de 24 heures), pacemakers moléculaires présents dans la plupart des cellules chez les vertébrés, qui gouvernent l’organisation temporelle des fonctions comportementales, cellulaires et physiologiques au cours du cycle jour/nuit. Au niveau de l’organisme, ces horloges forment un système hiérarchisé, orchestré par une horloge dite « centrale » localisée dans l’hypothalamus. La rétine tient une place à part dans ce système, car elle lui permet de s’accorder au cycle jour/nuit en détectant et en encodant l’intensité lumineuse ambiante et en informant ainsi l’horloge centrale sur le moment de la journée. Elle contient elle-même une horloge circadienne qui organise sa physiologie sur 24 heures et permet ainsi d’optimiser la fonction visuelle dans un environnement où la luminosité varie d’un facteur 106 entre le jour et la nuit. Nous œuvrons depuis quelques années à caractériser les processus moléculaires qu’elle contrôle, et à comprendre de quelle manière cette régulation s’organise dans le tissu rétinien. Nous avons montré que la rétine contient plusieurs horloges organisées en réseau et notre projet, en collaboration avec le laboratoire du Dr. Dkhissi-Benyahya (Institut cellule souche et cerveau, INSERM U846, Lyon), vise à comprendre de quelle façon la lumière agit sur ces horloges afin de synchroniser l’ensemble des fonctions rétiniennes sur le cycle de 24 heures.

France 2030