Niki Clements
Niki Kasumi Clements est professeure associée de religion, titulaire de la chaire Watt J. et Lilly G. Jackson, avec une nomination à titre gracieux au département de philosophie de l'université Rice (Houston, États-Unis). Elle est spécialiste de l'œuvre de Michel Foucault, de la philosophie moderne et de l'ascétisme chrétien de l'Antiquité tardive (qui se trouvent réunis dans sa monographie de 2020, Sites of the Ascetic Self). Sur la base de ses recherches au sein du fonds Michel Foucault de la Bibliothèque nationale de France depuis 2019 (dont elle a inventorié la sixième collection pour la BnF en 2024), la professeure Clements achève deux livres qui se concentrent sur la dernière décennie de Foucault (1974-1984) : Chez Foucault: Foucault’s Histories of Sexuality et Foucault the Confessor. Ces ouvrages retracent un parcours à travers les archives inédites de Foucault, à la fois afin d'ouvrir ces dernières à d'autres chercheurs internationaux et d'expliquer les développements philosophiques de sa pensée, notamment à travers son engagement dans l'histoire du christianisme et de l'éthique antique.
Membre du conseil d'administration du Centre Michel Foucault, chercheuse invitée en 2024 à la Fondation Maison des sciences de l'homme (EHESS, Paris), membre du comité de rédaction de Foucault Studies et co-inauguratrice du « Foucault Seminar » à l'American Academy of Religion, Niki Clements est également co-éditrice du volume Foucault’s Confessions avec James Faubion et Daniel Wyche (Columbia University Press, sous contrat). Elle a largement publié sur Foucault, Jean Cassien, l'ascétisme, le genre, la sexualité, les affects et les émotions, l'herméneutique, les neurosciences cognitives et l'éthique médicale. Diplômée de l'université Brown (doctorat, 2014), de la Harvard Divinity School (master d’études théologiques, 2007) et du Sarah Lawrence College (licence, 2003), Niki Clements partage dans son enseignement et ses activités professionnelles l'attention qu'elle porte dans ses recherches à la reconnaissance de l'action humaine et à la critique des injustices structurelles.
Pendant son séjour à Strasbourg, à l'invitation de Kirk Ormand (Fellow USIAS 2020), la professeure Clements sera accueillie par des collaborateurs de l'unité de recherche Archéologie et histoire ancienne : Méditerranée-Europe (ArcHiMèdE) et participera au colloque « Women in/and invective in Greek and Roman Antiquity - Ce que l’invective fait aux femmes. Normes de genre et discours satiriques dans l’Antiquité grecque et romaine » les 27 et 28 mai 2025 (voir ci-dessous).
Crédit photo : Jeff Fitlow, Rice University 2024
Colloque international - Ce que l’invective fait aux femmes. Normes de genre et discours satiriques dans l’Antiquité grecque et romaine
Du 26 mai 2025 au 28 mai 2025 | Collège doctoral européen, Strasbourg (FR)
Le colloque et un atelier doctoral sont organisés par Sandra Boehringer (UMR 7044 - Archéologie et Histoire ancienne : Méditerranée - Europe - ArcHiMedE) et Kirk Ormand (Oberlin College, État-Unis et Fellow USIAS 2020), avec le soutien conjoint d'ArcHiMedE et de l'USIAS.
Il y a plus de vingt ans, le spécialiste des mondes anciens Alessandro Barchiesi faisait le constat suivant : « Aucune femme ne s’est jamais fait un nom dans la poésie iambique, si ce n’est en tant que victime et, ironiquement, comme figure du mythe éponyme, Iambè1. » Mais les femmes sont-elles les seules cibles de ces discours dégradants, humoristique, satiriques ou ludiques dirigés envers elles ? Que révèlent ces figures féminines du monde des auteurs qui les invectivent ? Ont-elles elles-mêmes produit des discours d’invective ? Et surtout, quelles normes de genre ces pratiques considérées comme « misogynes » mettent-elles au jour ?
Les travaux en histoire des femmes, en études de genre et sur l’histoire de la sexualité dans les mondes anciens (de Foucault à Butler, de Pomeroy aux travaux du groupe Eurykleia) ont, depuis, fait porter l’attention sur d’autres aspects de ces discours d’invective et ont développé des analyses nouvelles de textes parfois bien connus : loin d’être systématiquement décrites dans un rôle passif, les femmes apparaissent, dans divers types de pratiques discursives, comme déployant une véritable agentivité.
En tenant compte des contextes de performance variés (rituels, politiques, musicaux, et/ou les trois à la fois) de ces invectives, et en établissant des parallèles raisonnés avec des problématiques contemporaines (comme la réappropriation de l’insulte), les participant·e·s de ce colloque se proposent d’explorer la manière dont la pratique discursive de l’invective reflète, produit ou, au contraire, transforme les normes de genre dans l’Antiquité grecque et romaine.
Le colloque est précédé par un masterclass & atelier doctoral « Genre, sexualité et retournement de l’insulte. Comparaison triangulaire : Antiquité, Japon moderne, Occident contemporain », qui aura lieu le lundi 26 mai (13h30-18h00).
1 Barchiesi, Alessandro. 2001. “Horace and Iambos: The Poet as Literary Historian” 149. In Iambic Ideas: Essays on a Poetic Tradition from Archaic Greece to the Late Roman Empire, ed. A. Cavarzere, A. Alone and A. Barchiesi, Lanham, MD: Rowan and Littlefield.



