Michael Osman

Michael Osman est professeur associé de l'histoire de l'architecture à l’université de Californie à Los Angeles (UCLA), au sein du département d’architecture et d’aménagement urbain, et directeur des programmes d’études critiques, de master et de doctorat. Il a obtenu son doctorat en histoire, théorie et critique de l’architecture au Massachusetts Institute of Technology (MIT), et est également titulaire d’un master d’architecture de l’université Yale et d’une licence de lettres de l'université de Chicago.
Les recherches de Michael Osman dans le domaine de l’histoire de l’architecture se concentrent sur la période moderne, en particulier les bâtiments et les villes des États-Unis. Son livre, Modernism’s Visible Hand: Architecture and Regulation in America (University of Minnesota Press, 2018), s’intéresse à l’histoire des systèmes de régulation environnementaux et économiques aux États-Unis. Il collabore actuellement à l’édition de Writing By Design (avec Daniel Abramson et Zeynep Çelik Alexander), un ouvrage traitant de la sélection des données et de la production des récits dans l’histoire de l’architecture contemporaine.
Il est l’un des membres fondateurs d’Aggregate (The Aggregate Architectural History Collaborative), une plateforme d’exploration de nouvelles méthodes en histoire de l’architecture, et Président de son conseil d’administration. Ses travaux ont obtenu diverses bourses du University of California Humanities Research Institute (UCHRI), de la National Science Foundation (NSF) ainsi que du Fulbright U.S. Student Programme.
Au cours de sa visite, le professeur Osman donnera une conférence publique intitulée « Modernism’s Visible Hand » (« La main visible du modernisme », voir ci-dessous), le 11 février 2020. Il sera accueilli par le Dr. Tijana Vujosevic, Fellow USIAS 2018 et membre du laboratoire Image, ville, environnement (LIVE) de l’université de Strasbourg, avec qui il collabore actuellement à la rédaction de l’ouvrage « Ecology: The Politics of Time » (University of Minnesota Press, à paraître).
Conférence publique : La main visible du modernisme
Le 11 février 2020 | De 15h30 à 17h00 | Salle de conférence, MISHA, 5, allée du Général Rouvillois, Strasbourg
La main visible du modernisme. Comment l'architecture a façonné le mode de vie moderne
Par Michael Osman
Professeur d’histoire de l’architecture
Université de Californie à Los Angeles (UCLA)
Les architectes modernistes pensaient que leurs principes de conception (simplicité, rationalité, fonctionnalité et universalité) ainsi que l’utilisation de nouveaux matériaux et technologies contribueraient activement à rendre le monde meilleur. De fait, à partir de la fin du 19e siècle, les technologies de régulation de l’environnement ont joué un rôle croissant dans la conception des bâtiments. Avec l’augmentation rapide de l’emploi des thermostats, ainsi que des systèmes de climatisation et de réfrigération, les architectes se sont approprié et ont rapidement absorbé le travail des ingénieurs. Ce phénomène était en lien étroit avec des tendances culturelles et économiques plus larges en matière de gestion, de contrôle et de régulation des risques. Le modernisme architectural a développé la notion de bâtiment en tant que « machine » bien conçue, avec une architecture fonctionnelle à base de pièces mécaniques.
Michael Osman présentera sa vision pionnière de l’histoire architecturale et technologique des systèmes de contrôle environnemental à la fin du 19e siècle. Ses recherches envisagent les bâtiments d’une façon bien particulière, à savoir comme des interventions spatiales engendrant des évolutions sociales, économiques et écologiques. À la fin du 19e et au début du 20e siècle, un nouvel impératif de réglementation a exercé une profonde influence sur l’environnement construit des États-Unis, des foyers de la classe moyenne aux grandes installations industrielles. Or l’étude des technologies de régulation de la température ambiante montre que celles-ci étaient liées de manière surprenante avec les tentatives de gestion du travail en usine et de réduction des fluctuations économiques, ainsi que l’étude du monde naturel. Du stockage réfrigéré et des laboratoires scientifiques aux usines, l’intégration de technologies de régulation au sein des infrastructures physiques a commencé à organiser l’existence d’une manière que nous qualifions aujourd’hui de « moderne ». L’ouvrage de Michael Osman, Modernism’s Visible Hand, ne se contente pas d’élargir notre conception de la façon dont le capitalisme industriel a façonné l’environnement construit, mais est également essentiel à la compréhension du rôle du design dans la gestion des crises écologiques actuelles.



