Université de Strasbourg

Jérôme Beauchez

Biographie

Dynamiques Européennes (DynamE)  - UMR 7367, université de Strasbourg & CNRS

Jérôme Beauchez, USIAS Fellow 2019

De 2009 à 2018, Jérôme Beauchez a été maître de conférences à l’université de Saint-Etienne, à Lyon, ainsi que chercheur au Centre Max Weber et membre du LabEx (Laboratoire d’excellence) « Intelligences des Mondes Urbains ». Il a également été élu deux années de suite par le CNRS à une délégation de recherche auprès de l’institut interdisciplinaire de recherche sur les enjeux sociaux entre 2016 et 2018. De 2013 à 2017, Jérôme Beauchez a coordonné le programme ANR (Agence nationale de la recherche) Socioresist. Dans ce cadre, il a encadré et mené des enquêtes ethnographiques auprès de différentes populations marginalisées dont l’objectif était d’interroger les résistances quotidiennes à l’adversité des dominations de « genre », de « classe » ou de « race ».

Ces investigations ont débouché sur la rédaction de deux ouvrages et plusieurs dizaines d’articles. Publiés par les Éditions de l’EHESS (École des hautes études en sciences sociales) à Paris, Palgrave MacMillan à New York et des revues telles que SociologyEthnography, le Journal of Contemporary EthnographyCritical Sociology ou Qualitative Inquiry, ces travaux décrivent une « perspective marginale » sur les conflits sociaux, la conception des normes, ou encore celle des libertés fondamentales. C’est pourquoi Jérôme Beauchez souhaite aujourd’hui réinvestir dans l’étude de la Cour européenne des droits de l’homme – une institution européenne des plus centrales – tout ce savoir-faire ethnographique acquis dans les marges et sur les terrains les plus difficiles.

Ce faisant, il continuera à travailler sur les normes, la loi et le fondement des libertés, mais depuis une perspective tout aussi nouvelle que complémentaire au regard des travaux précédemment réalisés.

Projet - La CEDH : ethnographie d’un laboratoire des droits humains

01/12/2019 - 30/11/2021

Le présent projet vise une ethnographie de la Cour Européenne des Droits de l’Homme (CEDH). Cette institution transnationale est chargée de veiller à l’application de la Convention de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales ratifiée par les 47 États membres du Conseil de l’Europe. En dépit de leur rôle central dans la préservation des droits fondamentaux, la CEDH et ses procédures n’ont jamais été analysées que d’un point de vue juridique qui laisse entière la question des acteurs et du quotidien de l’institution. À la différence des juristes experts en droit international dont la technicité des analyses ne saurait être discutée, l’ethnographe a précisément pour vocation d’interroger cette « fabrique quotidienne du droit ».

L’idée consiste à décrire les modes d’interaction comme les cadres d’expérience constitutifs des échanges entre les acteurs de l’institution judiciaire – juges et juristes du greffe – qui, ensemble, incarnent les principes d’un droit fondamental conçu à l’échelle européenne. Toute l’originalité de cette enquête consistera à comprendre comment les activités de la CEDH participent du rightspace européen – i.e. un espace transnational du droit, dont elle constitue à la fois une représentation supranationale et l’une des dernières lignes juridiques de défense dès lors que les arrêts prononcés par la Cour établissent que, dans tel ou tel cas d’espèce, les droits nationaux des États membres du Conseil de l’Europe ont échoué à préserver les droits fondamentaux qu’ils reconnaissent en tant que parties de la Convention européenne des droits de l’homme.

Une telle manière d’envisager l’enquête implique que les micro-observations ethnographiques seront continûment densifiées par les liens qu’elles permettront d’établir avec les macro-enjeux juridiques et sociaux inhérents à la préservation des droits comme des libertés fondamentales en Europe.

Investissements d'Avenir