Université de Strasbourg

Tijana Vujosevic

Biographie

École de design, université d'Australie-Occidentale, Australie & Fellow USIAS au Laboratoire image, ville, environnement (LIVE), université de Strasbourg

Tijana Vujosevic, USIAS Fellow 2018

Le Dr. Tijana Vujosevic a obtenu sa licence et son master d’architecture à l’université Yale en 2002, et son doctorat en histoire de l’architecture au Massachusetts Institute of Technology (MIT) en 2010. Elle a travaillé en tant qu’assistante d’enseignement à Yale et au MIT au cours de ses études. Suite à l’obtention de son doctorat, elle a occupé le poste de professeur adjoint invité à l'université de Virginie, où elle a enseigné de 2010 à 2011. Depuis 2012, elle est professeur adjoint à l’école de design de l’université d’Australie-Occidentale, où elle enseigne l’histoire de l’environnement construit.

Ses études ont été financées par diverses bourses, dont la MIT Presidential Fellowship, la bourse doctorale de la fondation Gerda Henkel et la bourse internationale de l’American Institute of University Women. Tijana Vujosevic est membre du comité de rédaction d’Architectural Theory Review, et membre fondateur de l’organisation internationale Art and Architecture History Assembly. Elle a récemment été invitée en tant que conférencière au Bard College, à l’université de Californie à Los Angeles, à l’ETH Zurich, à la National Gallery of Victoria de Melbourne ainsi qu’au Kunsthistorisches Institut in Florenz.

Son domaine principal de recherche est l’histoire du modernisme dans l’art, l’architecture et la planification, avec un intérêt particulier pour l’Union soviétique et les pays communistes. Ses articles ont été publiés entre autres dans Grey Room, Journal of Design History, Architectural Histories et Slavic and Eastern European Journal. Sa première monographie de recherche, Modernism and the Making of the Soviet New Man vient d’être publiée par Manchester University Press.

Projet - Communisme, internationalisme et nature - Histoire de la représentation de l’environnement pendant la Guerre froide

Décembre 2018 - novembre 2020

Dans le paysage politique actuel, on observe un lien direct entre l’environnementalisme et le cosmopolitisme - le sentiment que le monde est une communauté de pays partageant le même impératif éthique, à savoir que la protection et l’étude de l’environnement sont des questions globales et internationales. Ce projet s’intéressera à un cas historique significatif et pourtant négligé, où la nature et la politique internationale étaient intimement liés : le discours environnemental du Second monde au cours de la Guerre froide. Il s’agira de la première étude examinant la compréhension spécifiquement communiste de la nature ainsi que le lien entre les philosophies socialiste et environnementale. Elle sera également la première à examiner le rôle de la nature en tant que symbole clé de la géopolitique du 20siècle.

Au cours de la Guerre froide, le Second monde (URSS, bloc de l’Est, Yougoslavie) a remplacé la notion d’« internationalisme prolétarien » par celle d’« internationalisme socialiste », tentant de nouer des relations avec les pays africains et asiatiques récemment décolonisés dans l’objectif de les mobiliser contre l’Occident. Le discours sur la nature et l’environnement jouait un rôle essentiel dans ce projet : en effet, la protection de la nature, la transformation des paysages et l’étude de l’environnement commencèrent à symboliser pour les socialistes la capacité à comprendre, à unifier, à transformer et à protéger le monde. Ce projet apportera une perspective unique sur la politique des Second et Tiers mondes à l’époque de la Guerre froide. De manière plus générale, il mettra en évidence les liens entre idéologie et représentations de l’environnement.

Des recherches récentes s’intéressent aux aspects économiques et politiques de l’« internationalisme socialiste », et ce projet contribuera à l’étude de ce dernier en examinant le rôle que jouent les représentations de la nature et de l’environnement, en tant que symboles politiques, dans le projet internationaliste. Il explorera trois domaines clés dans lesquels le discours de l’internationalisme socialiste et le discours environnemental convergeaient : les collections de faune et flore « internationales », les initiatives de planification à grande échelle au sein du Second et du Tiers monde nécessitant la transformation de paysages, et enfin la science des « espèces » humaines. La nature figurait dans ces trois domaines en tant que représentation du pouvoir d’unifier le monde et de le protéger, du pouvoir de le transformer et du pouvoir de le représenter.

Tijana Vujosevic sera accueillie par le professeur Dominique Badariotti au sein du Laboratoire image, ville, environnement  pendant son séjour à Strasbourg dans le cadre de ce projet.

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