Université de Strasbourg

Séminaire Fellows USIAS : vivons-nous dans une société postmigratoire ?

Le 29 mars 2019
De 12h30 à 14h00
Salle Amériques (salle 265), MISHA, Strasbourg

Par Ursula Apitzsch (Fellow 2017)

Vivons-nous dans une société postmigratoire ? Expériences générationnelles chez les descendants de familles immigrées

Les processus migratoires façonnent de manière fondamentale les expériences des personnes concernées, engendrant des biographies d’appartenances et d’exclusions ainsi que des parcours de vie individuels reflétant à quel degré et de quelle manière les migrants ont été inclus dans leur société d’accueil.

De quels outils scientifiques disposons-nous pour comprendre l’appartenance et l’exclusion des migrants au niveau individuel ? Par exemple, quelles sont les expériences des enfants de migrants, et en quoi diffèrent-elles de celles de leurs parents et de la majeure partie de la société ? Comment pouvons-nous tirer des conclusions plus générales de ces constats ?

Un nouveau concept dans la recherche sur les migrations en Europe est celui de « société postmigratoire », qui est à la fois productif et réducteur. En effet, il est productif en ce qu’il tient compte du fait que de nos jours, en Europe, il n’existe aucun lieu où les rapports sociaux ne sont pas affectés, et souvent constitués, par les processus migratoires, que les personnes concernées soient ou non migrantes. Le concept d’une société postmigratoire est toutefois également réducteur, car il tend à ignorer le fait que, même après des décennies, les expériences migratoires individuelles et générationnelles ont toujours un impact.

Notre projet USIAS tente d’expliquer de quelle manière les différentes générations font face, au sein de leur parcours de vie, aux difficultés et opportunités de l’espace transnational qui s’est développé en Europe par le biais des migrations, et de quelle façon les rapports familiaux et de genre influencent leurs choix. À cet effet, nous avons développé une méthode d’« évaluation biographique des politiques », qui nous permet d’utiliser les récits biographiques pour répondre aux questions sur les migrations et les dynamiques complexes qu’elles impliquent. Dans la mesure où les biographies ne sont pas uniquement construites par les individus, mais également constituées par des facteurs objectifs de réalités très précises, nous pouvons accéder non seulement à l’expérience et aux opinions des individus et groupes sociaux concernés, mais également aux manières dont les facteurs « macro » impactent les parcours de vie.

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